особый смысл для автора. Например, дерево — это не только элемент пейзажа, но и символ судьбы. В процессе развития творчества художника отдельные детали, на которых он акцентировал внимание в своих ранних работах, безвозвратно уходят, а может быть, растворяются в плотной среде изображения. Таким образом, происходит некоторое «очищение», дающее ощущение безграничной свободы. Натурные пейзажи трансформируются в картину, открываются просторные горизонты, увлекающие дали, где живет великая тайна трех составляющих: небо — лес — земля или снег. Художник любит зиму, особенно ее конец — февраль. Снег продолжает уверенно покрывать поля, выполняя в природе свою объединяющую функцию. Но в холодном воздухе уже витают какие-то новые, тонкие запахи и мягкая, чуть ощутимая влажность, предвосхищая скорые перемены к теплу и яркому свету. И этот чудный воздух, и туман, струящийся от земли до самого неба, бередят душу художника, вызывая неудержимое желание запечатлеть увиденное, передать настроение. Как много у Михаила Крунова работ с такими названиями, как «Февраль», «Февральская оттепель»...
...Дзинтари зимой. Суровое Балтийское море, безлюдные песчаные пляжи. Это курортное местечко, расположенное недалеко от Риги, стало одним из любимых. Как только появлялась возможность заглянуть сюда в холодное время года, Михаил приезжал, чтобы побродить по пустым пляжам, подышать влажным морским воздухом, постоять под сильным натиском северного ветра... Ему по душе изысканная бледность балтийской зимы, кремовые разводы тумана над молочно-синим морским простором. В один из таких прозрачно-пасмурных дней художник увидел группу людей, совершавших прогулку по берегу. На фоне огромного моря двига-лись крошечные незащищенные фигурки, окутанные пеленой тумана и постепенно растворявшиеся в нем. Художник, увлеченный увиденным, сделал несколько набросков. Так начиналась серия работ «Люди у моря», где художник внимательно сосредоточен на пространстве, а люди, находящиеся в нем, обобщены до предела. Здесь для автора важна их нематериальная сущность, и они выступают как некий знак. В конце концов силуэты исчезают, остаются лишь плотный, упругий туман да гулкая тишина.
После окончания института Михаил Крунов работал в Московском скульптурном комбинате. Он познакомился с художницей Валентиной Апухтиной, и вскоре, в 1983 году, они поженились. Этот брак носил символический характер: «супруги» были сильно увлечены творчеством, и каждый жил в своем художественном мире. Молодые люди активно вливались в московскую художественную среду, участвуя в выставках, расширяя круг знакомств с яркими представителями творческой элиты. Особенно запоминающимся событием такого рода стала групповая выставка в кинозале Центрального Дома художников, которую сами авторы окрестили как «стенка на стенку» — своеобразный творческий диалог молодежи и «стариков». Там присутствовали известные мастера-живописцы: Алексей Каменский, Юрий Злотников и Владимир Андреенков. К тому времени притягательный дух нонконформизма распространился на молодежные художественные течения, и Михаил был счастлив, когда столь значительные художники обратили внимание на его работы. Общение с ними продолжилось и после выставки, постепенно перерастая в настоящую дружбу, оказавшую
février. La neige recouvre encore obstinément les champs, assumant sa fonction d'unification dans la nature. Mais on devine dans l'air froid de nouvelles senteurs, fugitives, et une douce humidité, à peine perceptible, qui annonce le changement vers les beaux jours et la claire lumière. Cet air merveilleux, et le brouillard qui sourd de la terre jusqu'au ciel, titillent l'âme du peintre, suscitent l'irrépressible désir de fixer sur la toile ce qu'il vient de voir, d'en restituer l'humeur. Mikhail Krunov possède quantité de tableaux intitulés « Février », « Dégel en février »...
...Dzintari en hiver. La rude Mer Baltique. Des plages de sable désertes. C'est un lieu de villégiature, non loin de Riga: il est devenu l'un des coins préférés du peintre. Dès qu'il en avait la possibilité, il y venait à l'époque la plus froide de l'année. Il y rôdait sur les plages vides, respirait l'air humide du large, se tenait sous les fortes bourrasques du vent du nord. La pâleur raffinée de l'hiver baltique convenait à son âme, ainsi que les volutes couleur crème du brouillard au-dessus des étendues marines d'un intense bleu laiteux.. Par un de ces beaux jours brumeux, le peintre aperçut un groupe de personnes effectuant une promenade sur le rivage. De minuscules figurines sans défense se mouvaient sur fond de mer immense, enveloppée d'un banc de brume et se diluant peu à peu dedans... Le peintre, saisi par ce qu'il venait de voir, jeta quelques esquisses. C'est ainsi que commença la série des « Gens au bord de mer », où le peintre, fixe son attention sur l'espace et où les hommes qui s'y meuvent sont synthétisés à l'extrême. Ce qui importe ici au peintre c'est leur immatérielle essence, et ils font figure de signe. A la fin des fins, les silhouettes disparaissent, ne restent plus que le brouillard dans sa compacité élastique et une rumeur de silence.
Après l'institut, Mikhail Krunov travailla au combinat moscovite de sculpture. Il y fit la connaissance de Valentina Apoukhtina, peintre de son état, et, en 1983, ils se marièrent. Ce mariage portait un caractère symbolique : les « époux » étaient totalement pris par leur art, et chacun vivait dans son monde à part. Ils fréquentèrent activement le milieu artistique de Moscou, participant à des expositions, élargissant le cercle de leurs relations parmi les meilleurs représentants de l'élite créatrice.
Un des événements les plus marquants fut l'exposition de groupe dans la salle du cinéma de la Maison Centrale des pein-tres, que les auteurs baptisèrent eux-mêmes « mur sur mur » — ce qui était une manière originale d'intituler le dialogue des « jeunes » et des « vieux ». Y étaient présents de grands maîtres comme Alexei Кamensky, Youri Zlotnikov et Vladimir Andreenkov. A ce moment-là, le souffle de l'anticonformisme était passé sur les jeunes courants, et Mikhail fut très heureux de voir que des peintres d'une telle importance accordaient quelque attention à ses travaux. Leurs relations se poursuivi-rent après l'exposition, se muant en une véritable amitié, laquelle exerça une influence notable sur la création de Krunov. Il trouva enfin de vrais maîtres et des camarades en la personne de ces aînés qui pouvaient le soutenir dans les moments difficiles, l'aider à s'y retrouver dans les difficultés d'ordre professionnel ou existentiel. Le jeune homme avait très tôt perdu son père, à la suite de quoi il avait reçu une éducation « féminine » ; les conversations avec ces hommes-là lui étaient tout autant nécessaires que les traités philosophiques de naguère, pour autant qu'elles lui permettaient de porter un regard neuf sur la vie en général et sur sa vie personnelle — à une époque donnée, dans un pays donné.
Longues conversations sur les problèmes de l'art, appréciations portées sur les expositions, sur de nouveaux tra-vaux... On ne saurait trouver d'interlocuteur plus patient et plus délicat, sachant écouter et relancer constamment la con-versation, que Mikhail Krunov. Dès son plus jeune âge, il avait eu la très précieuse faculté de comprendre finement les gens, de pardonner les caprices, de venir en aide sincèrement, sans songer au temps investi ni à ses propres intérêts, n'attendant en retour ni remerciements, ni louanges.
Cette relation n'était pas moins utile aux camarades plus âgés qui exercèrent leur influence correctrice sur la culture visuelle et la manière de penser du jeune Krunov. Mais malheureusement, comme cela arrive parfois, tel un enfant naïf, il fut parfois puni injustement par de plus sages et de plus expérimentés.
Un enseignement par correspondance était dispensé à l'université populaire des arts où Micha commença à tra-vailler en 1983 ; cela contribua à élargir les contacts avec les peintres moscovites. Outre Alexei Кamensky, on comptait dans les rangs des enseignants : Boris Touretsky, Andréï Grossitsky, Boris Otarov.
Poursuivant sa quête spirituelle, Micha lit assidûment, avec une nette préférence pour la prose russe. Il porte aux nues Nicolas Gogol, Anton Tchékhov, Mikhail Boulgakov. Dans les oeuvres de ces écrivains, il apprécie la finesse de l'analyse psy-